En français etiketine sahip kayıtlar gösteriliyor. Tüm kayıtları göster
En français etiketine sahip kayıtlar gösteriliyor. Tüm kayıtları göster

10 Ekim 2015 Cumartesi

Heroine Sergisi kadına mağdur değil, mağrur yönünden bakıyor..


Esra Kizir Gökçen'in "Sessizce"si..
Lokomotif Kültür ve Sanat Derneği’nin düzenlediği “Heroine/Kadın Kahraman” adlı karma sergi, Saint Joseph Lisesi Sergi Salonu’nda  8 – 30 Ekim arasında açılıyor. Sergide 14 sanatçının -resim, heykel ya da fotoğraf- 26 eseri yer alıyor: 

Burçin Erdi,  
Emine Akbucak,  
Esra Kizir Gökçen,  
Evren Gül,  
Hakan Bayer, 
Kerem Ağralı, 
Lütfiye Kösten, 
Mert Özgen, 
Münevver Cillov, 
Saghar Daeiri,  
Serhat Koçak,  
Serpil Aslan,  
Seydi Murat Koç, 
Zehra Ferda Bigat.


Yedi yıl önce Moda’da, Jülide Bigat ve arkadaşları (içlerinde ben de varım) tarafından kurulan Lokomotif’in bu yıl 5.sini gerçekleştirdiği sergisinin adı “Heroine”.. 

Gidilip görülmesi gereken bir sergi.. 






Heroine (du 8 au 30 Octobre 2015)

Cette exposition qui regroupe peintures, photographies et sculptures de 14 artistes
est présentée par l'association culturelle Lokomotif:

Burçin Erdi, Emine Akbucak, Esra Kizir Gökçen, Evren Gül,
Hakan Bayer, Kerem Ağralı, Lütfiye Kösten, Mert Özgen, Münevver Cillov,
Saghar Daeiri, Serhat Koçak, Serpil Aslan, Seydi Murat Koç, Zehra Ferda Bigat

Basée à Moda, Lokomotif a comme ambition depuis sa création en 2008, de donner des opportunités de rencontres entre les artistes et le grand public. Expositions dans des lieux atypiques, visites d'ateliers d'artistes, festivals de rue,  Lokomotif transporte dans ses wagons artistes et amoureux des arts pour un voyage dans le monde de la création.

Avec le thème de l’héroìne, 14 artistes ont choisi de porter un regard mythologique et historique sur la femme, d’élargir la perception actuelle et sociologique du sujet afin aller à la recherche de ce qui fait la force féminine.
Chaque artiste, que ce soit au travers du trait, de la peinture, de la sculpture ou de la photographie
apporte un regard singulier et permet ainsi au dialogue de prendre place.

Pour en savoir plus sur lokomotif : www.lokomotif-art.com

Visite de l’exposition
Du lundi au vendredi : 9h-17h
Les samedis 10 et 17 octobre: 14h-18h en présence d'artistes exposants

13 Eylül 2014 Cumartesi

Loiez Deniel: "Pour le son, İstanbul c’est un Taksim d’oud sur un maqam rast remixé par Mozart, un set de Vjing hypnotique et obsédant."

Sa rencontre avec "İstanbul" c'est faite de manière fortuite, comme la notre...
Loiez Deniel, photographe voyageur poète...

Pouvez vous nous parler un peu de votre vie aventureuse a la poursuite des photos?
Tout d’abord je voudrais dire que je ne me définis pas comme un photographe et en tout cas pas plus que ces millions de gens qui ont réalisé plus d’un milliard de selfies cette année. Je pense que l’époque n’est plus aux définitions, aux cadres, aux statuts et fonctions qui enferment et stérilisent toute approche un tant soit peu nouvelle. Mais si, pour autant, je devais sigler mon travail je parlerais de poète, poète voyageur.

Artwork - Eminönü
Depuis de nombreuses années je navigue, sans compas ni boussole, entre réalité de faits et territoires virtuels. J’essaye à mon simple niveau et dans l’humilité de ma démarche d’être un hacker de la vie, de la mienne s’entend. Dès lors mon appareil photo devient une clé pour ouvrir les portes de murs invisibles, la photographie est le médium du transport, un ticket low cost vers des ailleurs, des possibles. Ma démarche emprunte au concept de «Dérive » définie par les situationnistes et en particulier Guy Debord dès 1956 (http://fr.wikipedia.org/wiki/Dérive_(philosophie)). J’essaye de me laisser porter par mes propres émotions et ma pensée devient mon itinéraire. Je fais en sorte de libérer mon regard et je shoote à l’instinct. Je sais aussi que chaque fois que je fais une photo c’est mon reflet que je fige.  Je fais de la photographie dans une démarche d’introspection, l’usage est thérapeutique, c’est une forme d’auto-analyse. J’archive mon travail dans une logique inconsciente et je sais qu’à un moment ou un autre il va me falloir reconstituer  le puzzle malgré les milliers de pièces qu’il contient. Cela pourra prendre des formes plus littéraires, plus proche d’un concept d’installation, mais j’avoue que je ne sais pas encore où s’arrête le chemin et puis je ne suis pas pressé d’y arriver . Je n’ai pas de sujet de prédilection, je recherche la fracture, la poésie, l’histoire courte tout autant que l’esthétisme ou la géométrie des formes. Ces dernières semaines je me suis intéressé aux chiens errants  tout comme Orhan Pamuk je pense qu’ils sont les derniers vrais et libres touristes d’İstanbul. Je travaille essentiellement en noir et blanc  et depuis peu avec des couleurs largement désaturées. Dans une approche de photographie documentaire je trouve que la couleur ajoute du bruit inutile et si elle n’est pas signifiante je m’en passe à l’édition. Dans la rue je travaille avec un Fuji X-Pro1 équipé d’un équivalent 35mm. Une caméra, un objectif, un battement de coeur , c’est je crois bien assez pour faire de la photographie de rue.

Portrait - Eminönü

Depuis quand et pourquoi aviez vous choisi vivre (voyager) à İstanbul?
Je suis arrivé de manière fortuite à İstanbul en 2009. A cette époque j’avais entrepris de découvrir en train les capitales européenne. C’était un projet qui s’appelait «Le voyage imaginé» et qui paradoxalement reposait sur l’idée que sans imaginer ni projeter quoi que ce soit, ce que j’allais vivre permettrait tous les itinéraires, tous les possibles, tous les errements poétiques.

Moins de deux heures après mon arrivée à İstanbul j’ai rencontré dans İstiklal un jeune photographe turc qui travaillait avec un Canon Mark II. A cette époque j’étais l’un des premiers français à avoir acheté ce type d’appareil et dans une ville de 20 millions d’habitants  je rencontrais le vraisemblable unique possesseur de ce même appareil. Là encore l’appareil photo fût le sésame pour engager le contact avec İstanbul. Avec Volkan Doğar (http://www.kodacollective.com/photographers/volkan-dogar) puisqu’il s’agissait de lui nous avons arpenté une longue semaine les rues d’İstanbul, puis nous avons décidé de partir pour Van et de rejoindre les montagnes de l’Anatolie du Sud-Est. Ce fût un moment fondateur de ma relation avec İstanbul et de mon désir de mieux connaître et comprendre ce qui faisait la spécificité de cette ville, d’où venait son énergie, sa différence, tout en sentant confusément que quelque chose était entrain de changer profondément ici et que j’avais cette chance de pouvoir en être le témoin direct. Ensuite à chacun de mes voyages à İstanbul mon réseau s’est étoffé. Certaines amitiés se sont dilués dans le fil de la vie, d’autres se sont renforcées. Mais je dois dire qu’aujourd’hui je me sens plus entouré à İstanbul que nulle part ailleurs.
 
Comme une fantôme
Quel est votre définition d"artiste"?
Comme je l’ai dit précédemment je n’aime pas beaucoup les définitions et les restrictions qu’elles engendrent. J’ai le sentiment que tout le monde est un artiste à sa façon. Chacun sculpte sa vie avec les outils dont-il dispose. La matière est l’art et seul le mouvement fait sens de mon point de vue.

Quel est votre définition d"art"?
L’art existe t- il encore ?  Là aussi il s’agit de cadres  et de formatage. Je ne m’intéresse aujourd’hui qu’à ce qui se situe en dehors du cadre. Ce qui est invisible à l’oeil se doit d’être révélé, partagé, remixé à l’infini. L’art est le flux et son tempo. Il inscrit le monde dans une révolution permanente en interrogeant les rapports de force et les fractures du vivre ensemble. Etre ici à İstanbul me permet d’être nulle part et partout à la fois et il faut être nulle part pour parler à ceux qui sont quelque part.

Quel est votre définition de bonheur?
C’est pour moi la capacité de conscientiser le présent, de lui donner sens, profondeur et humanité. Je m’inscris toujours dans le questionnement de la bonté et j’en fais un objectif de carrière. Se sentir bon c’est être proche du bonheur : c’est la « bonne heure »
 
Nourir les oiseaux

Quel sont vos photographes préférés? Les votres et des autres?
J’ai bien sûr un grand respect pour les maîtres de la photographie documentaire, Koudelka, Doisneau, Cartier-Bresson, Ara Güler pour İstanbul évidemment mais je n’ai aucun maître à penser. Je croise tous les jours sur internet des photographes aux talents surprenants et variés. Tout cela m’entoure et, je suppose, influence inconsciemment ma pratique photographique. A İstanbul et dans leur manière de photographier la Turquie je m’incline devant la qualité du travail des photographes de l’agence NAR photos. Actuellement,  je suis aussi avec beaucoup d’intérêt le travail de mon ami Robert Croma (https://www.flickr.com/photos/croma/)

Pourriez vous définir votre İstanbul en cinq sens,  comme  odeur, son,  vue,  gout et touche?
Je crois qu’il faut être un «nez» exceptionnel pour définir l’odeur d’İstanbul. C’est un tel mélange de fragrances, orientales bien sûr mais parfois à mon grand étonnement bien plus occidentales que celles que je peux ressentir en France à quelques milliers de kilomètres à l’ouest d’İstanbul. C’est troublant mais je pense que c’est un parfum de femme.
Pour le son, İstanbul c’est un Taksim d’oud sur un maqam rast remixé par Mozart, un set de Vjing hypnotique et obsédant.
La vue c’est une multiple expositions de «no photos» qui se superposent et s’entrechoquent à l’infini et formant une espèce de magma bruyant dans les couloirs de ma mémoire. Une «no photo» est ce moment précis où l’oeil accroche une scène d’une beauté absolue mais quand par négligence vous n’avez pas emporté avec vous votre caméra ou que par lassitude vous ne vous décidez pas à la sortir de votre sac, alors il ne reste plus qu’à imprimer en mots cette scène sur le film sensible de votre conscience.
Et bien entendu le toucher reste les multiples contacts de l’amitié, des mains qui se serrent, des interminables big hugs, du turkish kiss et des têtes qui se cognent, le temps des rencontres et celui des départs. La codification du mouvement.

Pause cigarette

Y a-t-il un projet dont vous revez pour İstanbul?
Comme déjà au 17 ème siècle les orientalistes voyageurs européens, témoins de la modification architecturale rapide de la ville, regrettaient l’ancienne Constantinople, je cherche encore moi aussi l’İstanbul que j’ai connu il y a seulement 5 ans. Ici comme ailleurs je pense que la gentrification va faire imploser la ville et que le vent de liberté qui a pu souffler sur la Corne d’Or ne sera plus bientôt que la brise marine de la mondialisation et de la standardisation de la consommation. L’arabisation croissante d’Istiklal est assez révélatrice à mon sens de ce que devient aujourd’hui İstanbul. Depuis deux ans je me suis installé à Kadikoy où il reste encore des poches de résistance à cette uniformisation des styles de vie. Mais j’ai un passeport français et je n’ai qu’un rôle d’observateur passif. C’est bien aux stambouliotes d’imaginer leur avenir. Pour autant j’aimerais voir İstanbul s’inscrire dans une démarche volontariste dans le domaine des cultures digitales. Je pense qu’İstanbul a tous les atouts pour devenir l’une des places majeurs de l’art contemporain dans le monde. Aujourd’hui je préside le plus ancien festival International d’art vidéo: Vidéoformes.  Je réfléchis à la manière d’exporter ici le savoir faire et le réseau d’artistes internationaux que nous avons bâti en France.

20 Temmuz 2014 Pazar

Julie Petters Desteract: "Le moment que je préfère à Istanbul c'est pendant le ramadan. J'adore aller célébrer "iftar" à Eyüp.."

Julie Peters Desteract.. Je l'ai connu à Istanbul quand elle donnait des cours de textile à l'Université Yeditepe..

Une amie de coeur, une artiste et une voyageuse. C'est une personne qui vit  à sa façon.. Beaucoup d'entre nous ont envie de faire de même mais n'y arrivent pas facilement.

Je vous avais connu à Istanbul, maintenant vous vivez en Chine. Pouvez vous nous parler un peu de votre vie aventureuse?
Je suis née il y a 38 ans à Casablanca. Quand j'avais sept ans ma famille a décidé de rentrer en France. J'ai étudié l’art et de textile en France à Marseille et aussi à Paris. En quatrième année des Beaux-arts je suis partie en programme d'échange dans une université à San Francisco. 

J’y ai vécu trois ans avant de décider de partir sur la route de la soie pour découvrir les textiles orientaux magnifiques que j'avais étudié à l'école. C'est comme ça que je suis arrivé à Istanbul la merveilleuse où j'ai découvert les trésors textiles de tout le Moyen-Orient et l'Asie centrale. J’ai continué ma route en Asie orientale, au Japon, en Chine et en Asie du Sud-Est. La Chine, plus particulièrement, a retenu mon attention. J’ai découvert les minorités éthniques dans le sud-ouest, une région qu'on appelle le Guizhou.


J’habite en Chine depuis cinq ans, je suis professeur dans une école internationale où j'enseigne l'art à des enfants chinois qui ont vécu à l'étranger et qui reviennent en Chine pour retrouver leurs racines. En temps qu’artiste j'utilise des traditions chinoises qui sont très importantes pour moi: le textile et le théâtre d'ombres.

Vous  êtes une collectionneuse des tissus... Quel est l'influence des cultures sur les tissus des différents pays du monde?
Je mettrais en parallèle le textile et le théâtre d'ombres. Ils ont beaucoup de points communs : ils sont tous deux des traditions ancestrales et populaires orales. C’est à dire qu'ils étaient faits par le peuple et pour le peuple, partout dans le monde et par tous. 

On ne sait pas quand l'homme a commencé à fabriquer des tissus tellement ceux-ci sont anciens, le tissu est né avec l'homme comme une seconde peau. C’est pourquoi le tissu exprime ce que nous sommes.
En occident nous avons cessé de fabriquer nos propres tissus et nous nous sommes distancié de lui. Les minorités éthniques continuent de fabriquer des textiles qui parlent de leurs légendes et de la mémoire de leur peuple. Ces vêtements sont portés lors de cérémonies rituelles, tels que les mariages et lors des événements importants de la vie.


Et le théâtre d'ombres?
Le théâtre d'ombres était un art qui appartenait au petit peuple. C’était le moyen de raconter des histoires. Certaines venaient de loin: on dit que c'est grâce au théâtre d'ombres que le bouddhisme est arrivé en Chine.
Comme Karagöz en Turquie, le théâtre d'ombres était un moyen pour les gens du peuple de dire ce qu'ils pensaient du pouvoir sans risquer de se faire embêter (on ne peut pas mettre les marionnettes en prison!)
Les textiles et la Marionnette sont deux expressions populaires très forte qui nous renseignent sur notre identité et sur notre histoire. Aujourd’hui ces formes d'expression sont en danger; notamment en Chine, un pays qui rêve de «progrès», de «modernité».

J’ai choisi d'étudier et d'utiliser ces techniques, aussi bien pour leur beauté plastique que pour l'histoire qu'ils portent, dans une création contemporaine. J’ai réalisé une installation plastique et aussi une pièce de théâtre d'ombres. A travers ces média je rencontre des gens et avec lesquels j'apprends sur le passé mais aussi sur le présent. Nous questionnons les futurs possibles. En tant que professeur, j'essaie de sensibiliser mes élèves à ces questions qui pour moi sont très importantes.

Quelle est votre définition d'artiste ? 
Un artiste  pour moi c'est quelqu'un qui s'intéresse à tout, qui regarde, qui écoute, qui réfléchit, qui se posent des questions… et qui exprime ces questionnements sous forme plastique. L’idée n'est pas de répondre aux questions mais de les poser et de laisser celui qui fait l’expérience de l’oeuvre répondre lui même. Un artiste, qu'il écrive, qu'il peigne, qu'il filme… et celui qui crée l’environnement dans lequel nous évoluons, qui crée la pensée qui crée des habitudes et une esthétique; que d’autres utiliseront. C’our cela l’art est un espace de liberté qui parfois effraie le pouvoir. 

Quelle est votre définition de bonheur? 
Le bonheur c'est quand on est avec les gens qu'on aime, dans un endroit qu'on aime et qu'on fait ce qu'on aime. Peu importe avec qui, en faisant quoi et où… l'important est d’apprécier ce que l'on a au moment présent.

Depuis quand et pourquoi aviez vous choisi vivre  à Istanbul?
Il y a beaucoup de raisons pour lesquelles j’aime Istanbul passionnément. Istanbul est comme un tissage; fait d’une multitude de liens différents, de fils venus d’ailleurs et d'influences diverses, et où tout se rejoint depuis déjà bien longtemps et semble vivre en bonne entente. (Même si cet équilibre est constamment mis à l'épreuve. Pour moi Istanbul représente un espoir pour le monde musulman et la relation entre l'occident et l’orient.

J’ai eu aussi la chance d’enseigner deux cours de textile a l’université de Yeditepe mettant en relation la vie des étudiantes (ces «jeunes femmes modernes») avec des traditions ancestrales. Je pense qu’elles ont été étonnées et séduites.

Pourriez vous définir votre Istanbul en cinq sens, comme  l’odeur, le son,  la vue,  le goût et le touche? 
Le moment que je préfère à Istanbul c’est pendant le ramadan. J’adore aller célébrer "iftar" à Eyüp. Le moment où on remonte la corne d’or en passant devant des mosquées magnifiques et qu'on arrive au plus grand pique-nique du monde ou des familles entières se sont réunies pour être ensemble et attendre un moment qui leur est cher. La ferveur générale, l'odeur de la nourriture qui se prépare, les bavardages des femmes, les babillages des enfants, le soleil qui se couche et soudain tous les Minarets qui chantent en même temps, faisant écho dans les collines et sur le Bosphore.

Le projet dont vous rêvez pour Istanbul? 
Si c'était un projet de musique, je rêverai de travailler avec un compositeur (je sais déjà lequel!) qui créerait une partition pour chaque minaret. L’heure de la prière deviendrait une symphonie au-dessus de la ville.

Si c’était un projet de théâtre d'ombres ce serait un petit théâtre ambulant qui jouerait dans chaque petit quartier des histoires anciennes et des histoires d'aujourd'hui, les histoires des gens du quartier… et qui redonneraient une voix à tous. Si c'était un projet d'éducation j'aimerais que la jeune génération redécouvre leur héritage, sa richesse et sa force.

Voudriez vous donner vos coordonnées aux lecteurs de mon blog?
Merci à tous pour votre attention.. contactez-moi si le coeur vous en dit:

m.julie.peters.desteract@gmail.com

19 Kasım 2013 Salı

”D'un pont à l'autre”, Exposition de Photographies par Emine Akbucak et Tristan Zilberman... Vernissage: Jeudi le 21 Novembre...

Ce texte est en ligne dans lepetitjournal.com d'istanbul

Le vernissage de l'exposition de photographies intitulé ”D'un pont à l'autre” qui aura lieu le 21 novembre dans la galerie Od'A-Ouvroir d'Art du Lycée Sainte Pulchérie réunit deux artistes photographes; l'un français et l'autre turc.

Tristan Zilberman présente un reportage photographique dont le sujet est la réhabilitation d'un vieux pont suspendu et sa transformation en passerelle himalayenne. Il retrace, la renaissance, le changement et la transformation d'un pont avec son environnement.

Emine Akbucak s'est, quant à elle, intéressée au pont comme objet photographique alors qu'elle habitait à quelques mètre du pont Neuf à Paris. Passage obligé entre les deux rives, elle l'a parcouru chaque jour de sa vie parisienne. Le Pont Neuf a été dès lors, pour la photographe, un sujet d'inspiration. L'Ile Saint Louis et les quartiers qui l'entourent sont devenus un terrain d'expérimentation photographique sur le thème de l'eau. Ce travail poursuivi depuis maintenant plus de 10 ans, s'est enrichi avec de nouveaux ponts, et notamment des ponts d'Istanbul présenté lors de cette exposition.

Photo: Tristan Zilberman
Vous avez été réunis entre la France et la Turquie pour présenter le temps d'une exposition des photographies sur le thème du pont. Qu'est ce qui vous a donné envie de vous investir sur ce projet commun?
EA : Jülide Bigat, responsable de la galerie du Lycée Sainte Pulchérie "Od'A-Ouvroir d'Art" connaissait mon travail sur l'eau et les jeux de réflexion que je mène depuis des années. Elle souhaitait me faire collaborer avec un artiste photographe français Tristan Zilberman car elle pensait que nos approches photographiques parlaient comme en écho, qu'elles se répondraient de façon intéressante. Je me suis dit pourquoi pas, tentons l'expérience ! J'aime connaître de nouveaux artistes et tenter de nouvelles expériences. J'ai fait des recherches sur le travail de Tristan qui m'a plu. Je suis francophone, j'ai habité longtemps en France et je ressens toujours du plaisir à travailler avec d’autres artistes.

TZ : Jean-Michel Ducrot coordinateur général pour le français au Lycée Saint-Pulchérie m’a contacté pour venir faire une intervention auprès des élèves. Il souhaitait introduire un travail sur la grammaire de l'image à partir d'une exposition photographique sur un thème que je pourrai exploiter à Istanboul avec les élèves. A cette époque je réalisais un reportage photo sur la restauration d'un pont et sa transformation en passerelle himalayenne. La réhabilitation de ce vieux pont sur le Rhône, situé à Rochemaure dans le sud de la France, devait faire l'objet d'un livre. Il m’a semblé alors évident que le sujet du pont était idéal pour Istanbul, en tant que trait d’union entre deux rives et, dans le cas d'Istanbul, entre deux continents. Ensuite Julide Bigat m’a proposé de faire cette exposition avec Emine Akbucak, qui a, quant elle, photographié depuis les ponts. Le pont s’imposait donc comme un lien entre nos deux travaux.

Pouvez-vous chacun me parler de votre passé de photographe ?
EA- Ma rencontre avec la photographie remonte il y a 10 ans. A l’époque, je faisait du cinéma et j'avais envie de réaliser mes propres films. Pour moi, la photo était le moyen d'approfondir mes connaissances en lumière et en composition. Un jour, une copine est apparue avec un appareil photo à la main et m'a dit “Emine, je l'ai achetée pour toi”. C'était un Pentax analogue. C'est avec lui que j'ai fait mes premiers pas... Au début, afin de m'habituer à la photographie et de comprendre tout ce qu'elle pouvait m'offrir comme médium, j'ai sacrifié beaucoup de pellicules. L'appareil photo et la caméra ont techniquement les mêmes principes. Mais l'appareil photo permet un apprentissage plus direct de la lumière et constitue un chemin plus court pour arriver à des résultats. J'avais l'idée de transférer tout ce que j'avais appris au cinéma. J'avoue que pendant cette période j'ai appris à observer, j’aimais depuis toujours contempler mais à partir de ce moment j'ai mis mes talents de l'observation au service de la photographie. Plus tard, la photographie est devenue une passion pour moi et le cinéma est resté en second plan.

TZ : La photo, c’est pour moi, une passion qui a débuté en 1995. Ce qui a déclenché le déclic ? Les voyages, sans hésitation… La fascination pour des univers inconnus, l’émotion ressentie face à des ambiances, des paysages nouveaux, la magie de certaines rencontres… j’ai eu envie de les partager. Comme je ne suis ni vraiment conteur, ni vraiment écrivain, j’ai choisi la photo. Lors de mes voyages, j’ai pu constater que la photo était un fabuleux moyen de créer les contacts, d’entrer en relation et de voyager autrement. Grâce à mon appareil, j’ai fait quantité de rencontres dans tous les pays que j’ai visités. Pour moi, la photo, c’est aussi la rencontre avec d’autres photographes. Le partage est synonyme d’enrichissement mutuel. C’est ce qui m’a conduit, au départ, à me rapprocher d’un club photo, puis à travailler en collectifs, notamment le collectif "UneParJour" dont je fais partie depuis 2010. Le défi que se sont lancé ses membres est de mettre chaque jour en ligne une photo réalisée le jour même. Toutes ces "photos du jour" étant présentées sur le site internet www.uneparjour.org. En 2011 j'ai crée la Fabrique de l'image, un lieu dédié à la photographie : atelier d'impression numérique et tirages d'art, lieu d'expo et de stages : www.fabrique-image.fr


Lorsqu'on regarde les photographies présentées dans cette exposition, on sent une force esthétique, un vrai travail graphique, et de l'amour dans l'approche du sujet. Avez-vous une histoire particulière avec ces ponts ? Que représentent-ils pour vous ?
EA : J'ai habité pendant 6 ans aux pieds du Pont Neuf à Paris. Je l'ai parcouru tous les jours, été comme hiver pour me rendre d'une rive à l'autre. J'ai été très influencée par les paysages liés à ce pont, les changements de couleurs, par l'eau autour.  Je sentais l'eau couler en silence, parfois en courant... je regardais la lumière... Le tout par le filtre de mes humeurs du moment... Je me demandais par exemple quel était le sens du courant. C'était magique. Alors oui, je peux dire que j'ai un lien fort depuis avec les paysages liés aux ponts et à l'eau plus particulièrement.

TZ : Le vieux pont de Rochemaure est connu par tous les photographes de la région car il est très “photogénique”. Cela faisait nombreuses années que l'on parlait de sa rénovation.  Le projet de Via Rhôna (piste cycliste reliant le lac Leman à la Méditérannée en suivant le Rhône) lui a permis de se concrétiser. Quand j’ai su que j’allais faire le reportage de ce chantier, j’ai eu envie d’exploiter sa dimension humaine, car moi-même, j'ai travaillé sur des chantiers pendant plusieurs années. J'ai donc voulu montrer le défi humain et le côté acrobatique de leur mission. J’ai pris énormément de plaisir à suivre ce projet et j’ai vécu des moments très forts, comme par exemple, l’instant du sectionnement des anciens câbles, ou la connexion des nouveaux. Ce sont des opérations délicates pour lesquelles les hommes ont dû faire appel à leur inventivité, en utilisant des astuces...et dans ces moment-là, on prend vraiment conscience des enjeux de l'ouvrage.

L'un d'entre vous propose des photos en noir et blanc et l'autre en couleurs. Qu'est ce qui a motivé ce choix ?
EA : Depuis que je m'intéresse à la photo, je me sers de pellicules colorées. Je crée à travers mes  photos des compositions de couleurs. Mon style est plutôt abstrait, et à cet égard, il me semble plus intéressant d'utiliser la couleur.
TZ : Je travaille sur ce pont depuis presque 10 mois. Lors de la phase de reportage, j’ai photographié le chantier presque chaque jour. Ensuite j'ai travaillé les photos en vue de la réalisation du livre et de l'exposition. Pour le projet d'Istanbul j’ai eu envie de revisiter ces images et de les aborder d’une autre manière. J’ai voulu exploiter le côté graphique d'une part, tout en mettant en avant la partie extraordinaire de ce chantier, avec ces hommes suspendus dans leurs câbles.  J'ai trouvé que le noir et blanc sous une forme assez contrastée donnait une dimension plus dramatique, mais intemporelle à la fois. J'ai voulu aussi faire du noir et blanc car j'ai commencé la photo à l'époque de l'argentique  et je faisais uniquement du noir et blanc. Depuis quelques temps des nouveaux logiciels sont apparu pour convertir les images couleurs vers un noir et blanc argentique, où on y retrouve les contraste et le grain de ces époques. J'aime bien expérimenter de nouvelle façon de faire. Au-delà de ce travail en noir et blanc, j'ai souhaité inclure quelques planches constituées de photos en couleur qui évoquent l'évolution du chantier. Chaque planche représente des photos prises d'un point fixe à différentes phases d'avancement.

Le sujet du pont a été déjà été très exploité par les artistes à Istanbul, ville qui partage ses rives entre plusieurs ponts. En quoi apportez-vous un regard nouveau ?
EA : Oui c'est vrai. Le pont a une symbolique forte, il est symbole de passage, de rencontre. Et encore plus pour Istanbul cette ville monde située à la croisée de l'orient et de l'occident. Le thème n'est pas nouveau bien sûr mais il continue à nous inspirer en tant qu'artistes. Avec Tristan je crois qu'on propose une approche esthétique et aussi une rencontre entre deux cultures. Moi avec mes souvenirs de Seine, mes souvenirs parisiens qui m'ont imprégnée en tant qu'artiste et mon ancre actuelle : Istanbul. Lui avec un regard très personnel, il présente les photographies d'un pont d'une petite ville de France. Une imagerie puissante et touchante. Ce sont comme deux albums qui se répondent mais avec des focalisations différentes : moi je suis sur le pont et je regarde autour. Lui est aux pieds du pont et l'observe. Nous n'avons pas cherché à présenter les choses ainsi. C'est intéressant d'ailleurs que cela se fasse de cette façon.

TZ : Chaque photographe apporte son propre regard en fonction de sa sensibilité. Il n'y a pas d'intention de faire “mieux”, simplement autrement.
Photo: Emine Akbucak

Entre vous deux : quel pont vous relie ?
EA : D’après moi, le pont qui est entre nous est encore un pont...  Nos origines, notre style sont différents mais nous sommes indépendamment intéressés au même sujet... Nos approches sont différentes l'une de l'autre mais c'est cette différence qui nous a permis de développer un dialogue autour duquel nous avons eu la chance de nous connaître.

TZ : J’ajouterai simplement que la photographie a été un pont entre nous. J’ai pour habitude de dire que mon appareil photo me sert de passeport pour aller à la rencontre des autres. Ce projet le confirme.

Au niveau du style de vos photographies, quelles sont les choses qui vous rapprochent et vous séparent ?
EA : Avant tout, le sujet commun nous unit. Nous travaillons un même sujet avec différents points de vue. Nos approches mettent en place cette différence. Tristan réalise plutôt des photos-reportages et présente ici son travail en noir et blanc. Quand vous regardez les photographies, vous vous rendez compte du temps qu'il met pour les réaliser. Alors que les miennes reposent sur les couleurs, le jeu d'ombre et de lumière et des approches graphiques. Un autre point commun entre Tristan et moi est la démonstration de l'effet graphique. En dehors de cela, les abstractions ont une influence forte dans mon travail.

TZ : Il me semble que Emine a une démarche plus artistique que moi, personnellement je me considère comme un photographe faisant du reportage au sens strict du terme tout en y apportant une construction équilibrée et graphique.

Quelle est votre relation avec Istanbul ?
EA : Istanbul est une ville qui inspire mais difficile à photographier. C'est la deuxième ville à laquelle je regarde en tant que photographe après Paris. Le fait que la ville soit fondée sur sept collines donne un certain nombre de défis. Istanbul demande à être observée sur le long terme. Quand vous faites des photos, vous devez calculer la position du soleil, les rayons de lumières qui arrivent. C'est très important d’être du bon côté de la colline à l'heure approprié du soleil !

TZ : J’ai visité Istanbul en 1996. A l’époque  je commençais juste la photo. Je suis très heureux de redécouvrir cette ville presque 18 ans après.

Istanbul, c'est quel type de pont ?
EA : Istanbul est une ville cosmopolite, importante à cause de sa position géo-politique, elle sert de pont entre les pays et les continents dans plusieurs contextes. Sa position lui confère de nombreux avantages. Istanbul, a une place importe parmi les capitales patrimoine culturel du monde. Par exemple, elle pourrait du jour au lendemain devenir une ville comparable à Paris ou New York. Je pense que les villes connues en tant que centre d'art jusqu'à présent seront remplacées par d'autres villes et Istanbul deviendra à son tour un centre d'art. Tout ce que nous avons vu ou vécu ces dernières années soutient cette idée. Il suffirait de donner l'exemple d'Istanbul qui accueille non seulement une mais plusieurs foires d'art internationales et des événements culturels d'envergure.

TZ : Istanbul est pour moi, vue depuis la France, un pont entre Orient et Occident. Au-delà de cet aspect symbolique, les ponts d’Istanbul et leur diversité architecturale, racontent son histoire.

La ville d'Istanbul qu'est-ce qu'elle éveille en vous en tant que photographe ?
EA : C'est sûr et certain que dans cette ville mégapole qui est un brassage de cultures, nous ne manquons pas de sujets !

TZ : Pour un occidental, la ville aux 1000 mosquées évoque la magie de l’Orient et je suis curieux de revisiter cette ville.

Au moment où tous les regards à Istanbul sont tournés vers la construction d'un troisième pont sur le Bosphore : que pensez-de ce projet d'urbanisation ? En avez-vous entendu parlé ?
EA : Je pense que ce projet de construire un 3ème pont et même la plupart des projets de rénovation urbaine mis en place par le gouvernement vont endommager gravement l’équilibre écologique et je n' approuve pas ces projets. Les forêts du nord de la ville situées sur la zone de construction du 3ème pont, sont les seules sources d’oxygène d’Istanbul et elles vont disparaître. La réalisation de tels projets au nom de la progression, sans prendre en compte les facteurs environnementaux sont dangereux. A mon avis, sur le long terme, ce type de destruction non seulement n'apporte rien à la vie humaine mais la détériore en éloignant l'homme de son habitat naturel. C'est pour cette raison que il y a de nombreuses voix qui s'élèvent aujourd'hui contre ces projets dont la mienne.

TZ : Je n’étais pas au courant de la construction d’un troisième pont sur le Bosphore. Si cette exposition permet d'aborder ce projet et d’en débattre, ça lui donne encore davantage de pertinence ! Finalement, on aurait pu appeler cette exposition « d’un chantier à l'autre ».


2 Eylül 2013 Pazartesi

Le directeur artistique d' «ArtInternational» Stéphane Ackermann: "Istanbul est une ville qui m’excite et qui est en voix de développement dans le secteur de l’art."


Istanbul accueille «ArtInternational», un nouveau salon d'art les 16-18 septembre au Centre de Congrès Haliç. Les partenaires sont Interteks de Turquie et Fiera Milano d’Italie. Le directeur artistique Monsieur Stéphane Ackermann a répondu à mes questions.

Pouvons-nous commencer par votre biographie et votre parcours ?
Depuis mon enfance j’ai toujours eu une passion pour l’art qui, enfin, fait partie de ma vie professionnelle et de ma carrière. J’ai commencé à travailler dans des galeries d’art à Paris et ensuite j’ai travaillé au sein du Musée d’Art Contemporain de la ville de Paris pendant plusieurs années.

Depuis quand vivez-vous à Istanbul et pourquoi avez-vous choisi cette ville pour vous installer?
J’ai emménagé à Istanbul en 2009, mais je faisais très souvent des allers-retours depuis 1995 pour justement pouvoir m’engager beaucoup plus dans le monde de l’art ici. Istanbul est une ville qui m’excite et qui est en voix de développement dans le secteur de l’art. J’ai pris part dans des projets culturels et dans les salons d’arts en tant que curateur, directeur artistique et aussi consultant d’art pour de nombreux collectionneurs. J’ai décidé d’emménager ici pour pouvoir mieux m’investir dans le secteur.



Et si nous voulions souligner la différence entre ArtInternational et les autres salons d’art à Istanbul?
La différence la plus importante est qu'il y a un comité de sélection qui est international. Cela signifie aussi que les pièces d’art présentées sont de qualité. Nous travaillons avec un architecte appelé Erhan Patat. Il a collaboré avec Zaha Hadid depuis longtemps déjà et apportera une nouvelle dimension à notre salon de l’art d’un point de vue architectural. En dehors de cela, les relations de ArtInternational avec diverses organisations artistiques sont bonnes. Les collectionneurs de Turquie et de l'étranger donnent beaucoup de soutien au salon. C’est un plus pour la scène artistique internationale à Istanbul et les visiteurs pourront dialoguer avec les professionnels de l’art de manière intéressante. C’est un grand salon de l’art que nous organisons à Istanbul avec des normes et une rigueur correspondant aux exigences internationales.

Mais justement qu’est-ce qu’ArtInternational offre de nouveau aux Stambouliotes ?
Il y aura un programme artistique, des talks shows aussi bien qu’une section non lucrative qui sera dirigée par Özkan Cangüven et Başak Şenova apportant une nouveauté dans ce salon.

Qu’elle sera le programme des événements du salon?
Başak Şenova est le curateur de l’événement. Il a travaillé sur la programmation qui proposera par exemple une projection en avant première du dernier film de David Claerbout dans un théâtre – Une installation de la dernière œuvre de Nasan Tur dans l’un des auditoriums. Tal Isaac Hadad proposera une performance avec un grand piano et Wilhem Latcoumiantera jouera cette nouvelle pièce. Beaucoup d’événements et d’artistes de qualité sont prévus.

Pourquoi il ya t-il si peu d’artistes participants turcs?
La foire a un comité de sélection dont les membres sont très stricts avec une vision singulière. Ce comité a choisi en toute liberté et de façon indépendante les participants après avoir discuté et analysé l’ensemble des dossiers envoyés.

Il y aura donc des pavillons sans but lucratif? Pouvez-vous nous en dire plus ?
Oui, Özkan Cangüven est le curateur de cette section non-lucrative. Les groupes qui participent sont Spot, Collectorspace, Protocinema, Apartman Projesi, 49A, Un-Known, 5533, Non-Stage, Pasaj, Mest, Recollective, Polistar…

Comment voyez-vous la croissance du marché de l’art en Turquie ?
La Turquie est arrivée à un tournant. Un choix en termes d’esthétique et de style de vie est à faire avec d’un côté la tradition, l’héritage culturel ottoman, et de l’autre, les standards, les medias et les interrogations propres à l’expression de l’art contemporain à travers le monde. Il n’y a aucun doute que les artistes turcs vivants remportent un succès important et sont reconnus à Istanbul et Ankara. Leur expression artistique reste d’un point de vue scientifique et artistique moderniste. Ces lignes conceptuelles principales deviennent plus intéressantes lorsque l’on sait que le marché de l’art contemporain turc est de ceux qui connaissent le développement et la croissance des plus rapides (concept et géographie).

Pensez vous qu’Istanbul devient un nouveau spot de l’art contemporain?
A Istanbul, toutes les cartes sont à jouer et tout est ouvert quelles que soient les formes de développement de la pratique de l’art contemporain. D’un point de vue général le discernement esthétique semble se cristalliser, à la fois en évolution et questionnement constants. Une vague de nouveaux collectionneurs émerge ces derniers temps en parallèle à l’aube de la pratique de l’art contemporain qui devient plus indépendante par rapport au développement de sujets de recherches artistiques telle que l’ethnicité ou par rapport à l’héritage de modèles médiatiques et d’expression.

La scène de l’art contemporain stambouliotte s’ouvre grâce à l’apport de nombreux artistes étrangers et l’action de praticiens de l’art reconnus qui s’impliquent localement et explorent ses évolutions récentes, de nombreux artistes turcs reconnus à un niveau international ou de curateurs qui occupent les premiers rangs dans des institutions établies et évoluant sur les plateformes des musées et biennales d’art contemporain à travers le monde et spécifiquement en Europe.

Istanbul envoie une image qui est plus étendue que le secteur intime de l’art contemporain et qui touche au conflit des idées, des modèles… Ces visions invitent les individus et les institutions à se tourner du pays vers l’extérieur. Bien que tous les éléments et acteurs sont bels et bien actifs et la volonté est réelle, les jeux restent à faire.

Que proposez-vous aux investisseurs de l’art contemporain en Turquie?
Plus largement que la Turquie, comme on le sait l’art est aussi une forme d’investissement mais je crois surtout que les collectionneurs doivent investir avec « leurs yeux et leur cœur » . Il devrait toujours y avoir un choix personnel impliqué dans l’achat d’une œuvre.

ArtInternational présentera t-elle des œuvres contre la violence, le conservatisme islamique, la censure et la restriction de la liberté d’expression?Le salon supporte t-il la résistance née à Gezi ?
Il n’y a pas de soutien spécifique en ces termes. Toutes les galeries et artistes participants sont libres d’exprimer ce qu’ils souhaitent. Les œuvres que les galeries présentent dans le salon peuvent toucher à la sociologie, la politique ou l’économie, la critique, nous n’interférons pas. Nous proposons un cadre pour les participants. Ce n’est ni notre responsabilité ou notre priorité de déterminer ce que les galeries doivent présenter. Elles ont leurs propres collections et thèmes et cela concernent leur stratégie en tant que galeries. Leurs choix concernent leurs collaborations avec les artistes. Certaines galeries présentent des travaux plutôt politiques d’autres s’intéressent plutôt à l’aspect esthétique… Nous offrons une plateforme et le cadre pour la circulation de ces idées et l’opportunité d’échanges et d’apprentissage avec les rencontres qui seront faites sur place. La richesse de la foire tient justement au fait que chaque galerie représente la diversité des points de vues et se focalise sur des sujets propres.

Quels sont vos lieux préférés d’Istanbul ?
Büyükada en hiver.

Si vous deviez attribuer cinq sens à Istanbul. Comme le goût, l'ouïe, l'odeur, la vue et le toucher? 
Le goût est l’aubergine, l’odorat est malheureusement le gaz ces temps-ci, l’ouïe est la corne de brume en hiver, le toucher représente Recep mon coiffeur, et la vue est le changement abondant des couleurs de l’eau de la corne d’or que je perçois depuis ma fenêtre.

Avez-vous un projet rêvé pour Istanbul?
C’est impossible d’avoir un projet rêvé pour Istanbul. Il me semble que la ville décide elle même ses rêves.  Istanbul est comme une amoureuse capricieuse..

7 Mart 2013 Perşembe

“Le meilleur jardin botanique des Balkans et du Moyen Orient est le nôtre…” nous confie le Prof. Adil Güner, Directeur du jardin botanique Nezahat Gökyiğit (NGBB) .

Ce texte est en ligne dans le petitjournal.com d'Istanbul

Aviez-vous déjà entendu parler du jardin botanique (Nezahat Gökyiğit Botanik Bahçesi) d'Istanbul? Il existe depuis plus de dix ans au milieu de l’autoroute qui relie Ataşehir à Istanbul et porte le slogan «la nature malgré l’autoroute».


J’y suis entrée un jour, intriguée par le panneau de signalisation qui l’indiquait sur la route et sur lequel j’étais tombée. Il y avait une exposition d’art botanique dans l’une des cabanes en bois. Les peintures et de l’ambiance m’ont ravie et aussitôt je me suis inscrite au cours de peinture botanique qu’ils proposaient. J’ai ainsi commencé à faire de l’aquarelle. Depuis, je fréquente souvent la bibliothèque du jardin pour lire les livres et les magazines d’art botanique… Cette année, je me suis inscrite de nouveau aux cours de peinture botanique mais au niveau avancé ! J’adore venir une fois par semaine dans ce jardin et y passer mon temps au milieu de la verdure et des fleurs.

Vous ne pouvez pas imaginer combien cela me rassure d’être là,  tandis que mon cœur souffre de voir Istanbul se noyer dans le béton chaque jour un peu plus…

Vous savez ce que j’ai prévu?  Au mois de mars, je vais commencer des cours de jardinage dans le même endroit. J’aurai un certificat de jardinier signé par NGBB, Jardin Botanique Royal d’Edimbourg et de l’Université de Yeditepe.

Allez voir sur le site internet de NGBB. Il y a de multiples activités intéressantes ouvertes au public. Je vous propose d’y emmener vos enfants pour qu’ils découvrent les différentes plantes et qu’ils  prennent contact avec la terre.  Vous aurez la chance d’y voir des plantes endémiques de Turquie. Qui sait ? Peut être vous allez décider de devenir un jardinier bénévole du jardin.  Allez lire les conditions sur leur site. Si l’idée vous tente vous pouvez proposer d’être bénévole expert en sciences, ou venir aider pour les formations, la bibliothèque, le bureau…  Vous pouvez commencer le samedi  2 mars 2013. C’est la journée des nouvelles rencontres “Venez développons notre jardin ensemble”…

Prof. Adil Güner, Directeur du jardin,  est un homme dévoué à son travail d’un caractère agréable, productif,  sérieux et dynamique. Le jour de notre rencontre pour  ce reportage j’ai eu en même temps la chance de voir fleurir la fleur endémique “Ak navruz”. On a donné ce beau nom à la fleur de Margaret Johnson. Retraitée des Jardins Botaniques Royaux de Kew à Londres. Elle est conseillère du NGBB depuis 10 ans. Je l’ai rencontrée le même jour que son Ak navruz. A moi la chance de les photographier ensemble pour la première fois.

muscari
J’avais lu l’article de Christopher Thacker “l’Histoire des Jardins” sur les plantes d’Istanbul.  On y apprend que l'intérêt de l’occident pour les plantes exotiques a commencé dès le 16ème siècle. On avait alors fait preuve d’un grand intérêt pour les parutions des articles sur les jardins Ottomans du voyageur et scientifique Pierre Belon, écrits entre 1546-1548 pendant ses voyages à Istanbul.

C’était Ogier Ghiselin de Busbecq, Ambassadeur d’Autriche en Turquie des années 1554-1562, qui a fait connaître pour la première fois les tulipes de Turquie en Europe et a été le déclencheur de sa propagation de l’autre côté de la méditerranée. De Busbecq avait envoyé de Turquie des bulbes de tulipes à son ami botaniste Charles de l’Ecluse. Ces bulbes à l’origine cueillies dans la nature ont été cultivées par de l’Ecluse et se sont répandues en Europe. 

La tulipe n’est pas la seule fleur qui a été de Turquie en Europe...  Plusieurs plantes venant de Chine en Turquie par la route de la soie prouvent l’intérêt de l’époque pour la culture et le jardinage dans le monde musulman du 16ème siècle. On a découvert plusieurs sortes de plante cultivées dans les jardins d’Istanbul, d’Edirne, de Bursa et de Manisa…

Fritilaria imperiallis, Iris iberica, jacinthe, lys blanc, muscari, anémone, oeillet, pivoine, lilas, jonquille, jasmin blanc  sont quelques unes des fleurs qui sont allées de Turquie vers l’occident dans les années 1600. De même pour les baies noires, les noix, la rose trémière, châtaigne, perce neige…

Retournons à Ataşehir, à Istanbul, à notre reportage avec le Prof. Adil Güner, directeur du jardin botanique NGBB. Jardin qui se développe et prospère de jour en jour en dépit et au milieu de l’autoroute.

Qu’est-ce que signifie le mot endémique?
L’endémique veut dire «propre à.. », «particulier». Propre à une région, à un pays, un lieu. Une espèce est dite endémique si elle n’existe que dans une zone géographique particulière. Il faut dire par exemple des espèces endémiques de Turquie, de la Mer Noir etc..

Quel est le nombre de plantes endémiques en Turquie?
On a recensé 3035 espèces endémiques. Ce nombre était en réalité plus grand.

Pourquoi a-t-il baissé?
Parce que certaines plantes qu’on a trouvées ont aussi été retrouvées ensuite dans d’autres pays. Elles ont alors été retirées du classement. Mais cependant toutes ces plantes restent très précieuses pour nous.

Où retrouve t’on le plus d’espèces de plantes endémiques?
Dans les chaînes de montagne de Toros, Amanos, dans le sud est des Toros, dans le sud de Van, les montagnes de Cilo, dans les chaînes de montagnes de Kaçkar et en anatolie centrale autour du lac de sel.

Pourquoi plus spécifiquement dans les montagnes?
Les conditions dans les montagnes sont extrêmes. Dans ces conditions difficiles les plantes essayent de survivre. Elles se développent d’une façon singulière et deviennent propres à la région.

Iris iberica

Combien il y a-t-il de plantes endémiques au jardin NGBB?
Il y en a 181.

Quand a-t-on découvert la fleur Ak navruz que je viens de photographier?
En 2010 on a vu les premiers exemples dans le village de Kadirli à Osmaniye. On en a prélevé quelques unes pour l’herbarium, pour la recherche. Et les autres, pour les cultiver dans notre jardin.

Depuis quand travaillez-vous pour le jardin ? Vous étiez dans quelle université avant?
J’étais à Hacettepe. Ensuite j’ai travaillé à l’Université İzzet Baysal à Abant. Pour pouvoir travailler dans le jardin NGGB j’ai demandé ma retraite anticipée. Je travaille dans ce jardin depuis 2001.

Comment avez-vous rencontré monsieur Nihat Gökyiğit?
Dans les années 90, j’ai commencé à travailler avec  Hayrettin Karaca. C’est lui qui m’a présenté à Mr Nihat Gökyiğit.  En 1982, Mr Nihat Gökyiğit voulait faire un parc à la mémoire de sa femme Nezahat. Les travaux ont commencé en 1995. Mr Hayrettin Karaca a proposé que je le gère à Mr Nihat Gökyiğit.

Cela doit être difficile de créer un parc depuis un espace vide?
On avait déjà commencé à travailler et à améliorer la terre. Sur une surface de 38 hectares on avait planté 50 mille arbres et des buissons. Ils continuent de grandir. Il fallait bien commencer quelque part. Nous avons commencé les travaux pour en faire un jardin botanique. On a créé un jardin des roches, une piscine, un jardin des plantes à bulbes. C’est à partir de l’année 2003 que nous avons réellement pu commencer à le nommer « jardin botanique ».

Est-ce-que vous cherchez les plantes sauvages directement dans la nature ? Comment vivent-elles ensuite dans le jardin?
On ne peut pas savoir à l’avance si elles vont pouvoir survivre. Il faut essayer. Nous faisons des essais et des projections. Certaines vivent parfaitement dans ce nouvel environnement, d’autres non.

Avez-vous la main verte ? Etes-vous un bon jardinier?
Moi je ne suis ni un bon jardinier, ni j’ai la main verte. Je suis avant tout un homme scientifique et je travaille sur le système des plantes. Je les regarde avec un œil scientifique, je les évalue et les classe en me concentrant sur leur nature et des indices.

J’attendais une réponse plus « romantique » (rires)
Un photographe se concentre sur la composition. Il regarde les plantes pour pouvoir mieux les saisir. Moi, je regarde les feuilles, le genre, les fleurs. Le jardinier regarde les plantes pour pouvoir comprendre si elles vont tenir ou non. C’est vrai que quelques personnes qui ont une bonne expérience de la culture des plantes développent des gestes instinctifs face aux plantes. En regardant, ils comprennent ce qu’ils veulent. Ils sont plus capables que les autres.

Quelle est la plus grande valeur ajoutée de ce jardin pour les travaux de botanique menés en Turquie?
Notre objectif c’est de transmettre des informations sur les plantes au peuple. Notre plus grande mission c’est cela. Je peux très facilement dire que ce jardin botanique est le meilleur jardin botanique des Balkans et du Moyen Orient.

Comment vous trouvez le support financier?
Le jardin NGBB est une initiative de la fondation Ali Nihat Gökyiğit.

14 Aralık 2012 Cuma

Des Choses Artistiques du Groupe d’Art de Zekeriyaköy s'ouvre aujourd'hui...

Ce texte est en ligne dans le petitjournal.com d'Istanbul

bague, Ender Baloğlu
Vous avez dû lire le reportage de mon amie sculptrice Sevgi Karay…. 
La semaine dernière j’étais allé chez elle à Zekeriyaköy. J’ai aussi eu l’occasion de voir ses designs d’objets décoratifs. J’ai aussi rencontré ses voisins. 23 designers dont la plupart des femmes céramiste, mosaïste, peintre, designer de bijoux…. Chacun s’est  fondé un propre monde dans leur atelier à Zekeriyaköy. Ils produisent. Ils essayent aussi des choses différentes en dehors de leur propre espace dans les ateliers l’un de l’autre. Celui qui travaille le feutre n’est pas étranger à la céramique, celui qui travaille la mosaïque au feutre, celui qui travaille le dessin à la sculpture, le sculpteur au design de bijoux. Ils deviennent une force d’entrainement à leurs nouveaux projets avec leurs activités et leurs productions.

Le Groupe d’Art de Zekeriyaköy réalisant des jours atelier portes ouvertes, salons de printemps et nouvel an régulièrement depuis trois années s’accroit chaque jour en alimentant leur créativité avec les idées et les critiques l’un de l’autre. Ils pensent transformer le village où ils vivent en un « village de l’art » et d’organiser des expositions, des concerts, des discussions d’art, des séminaires, des performances de rue.


feutre, Feride Bayraktar
La nouvelle exposition du groupe « des Choses Artistiques » s’ouvre aujourd'hui le vendredi 14 Décembre à 18h00 à Zekeriyaköy Robert’s Coffee. Moi, j’y irai. Je vous le conseille aussi. L’exposition restera ouvert jusqu’à la fin de l’année. Durant l’exposition, des ateliers de week-end de dessin, mosaïque, feutre, céramique seront organisés pour les enfants. A mon avis, le week-end prenez vos enfants et allez-y. Eux présenteront leur créativité dans les ateliers, apprendront de nouvelles choses et vous vous choisiriez des cadeaux dans « Les choses artistiques » à vos proches pour le nouvel an.

J’ai visité les ateliers de Zekeriyaköy. Quatre super femmes travaillent dans l’Atelier Mosaïque Deppo se trouvant dans le Marché Couvert de Zekeriyaköy. Füsun Güzelöz, Süheyla Cezairli, Mine Sarper et Esra Dündaralp… Elles donnent des cours de mosaïque deux jours par semaine. Des travaux pleins de couleurs présents sur les murs, les assiettes de Füsün avec ses grenades rose et blanche, les paysages de Süheyla, les tableaux mosaïques de Mine enrichis avec des pierres semi-précieuses, les arbres rouges d’Esra sont toujours devant mes yeux.

J’ai adoré les sapins de fil de Feride Bayraktar. Vous devez absolument voir ses sculptures de feutre et fil, ses assiettes en céramique fine et toute blanche. Je n’oserai même pas les toucher…Nous nous sommes convenu pour se regrouper le mois prochain et réaliser un reportage. Je vais vous les présenter…

Les collages trois dimensions surprises de Nesteren Davutoğlu productrice de film et de publicité connue… Je me suis perdue entre les anciens objets et les objets antiques dans sa maison rappelant un musée. J’ai aussi pris la parole d’un reportage avec elle. Très bientôt !

Dans l’exposition sont présentes les sculptures de Sevgi Karay, les céramiques de Ayşe Türker, Banu Sandal et Serap Alıcıoğlu Akışık. Akışık travaille la céramique dans ses ateliers à Tarabya et Zekeriyaköy depuis 2006 et partage ses expériences avec ses stagiaires. Attention aux anges à ailes dans Les Choses Artistiques !   

Selma Yüce et Melahat Yağcı participent à l’Exposition des Choses Artistiques à la fois avec leurs céramiques et à la fois avec leurs dessins. 

peinture, Filiz Ural

Les dessins aussi de Emin Turan, Filiz Ural, Rezan Özger, Elizabeth Brandt danoise et Seray Vural...  Seray Vural a jusqu’aujourd’hui toujours participé aux activités de groupe avec ses travaux de céramique et de porcelaine. Cette fois ci, tout le monde attend ses dessins avec curiosité. Moi je crois que je les ai vus avant tout le monde… J’ai senti une grande joie de vivre dans les couleurs de ses dessins qu’elle a produits avec une technique mélangée. 

Filiz Ural, la merveilleuse épouse de Yalvaç Ural, l’amoureux des enfants. Après avoir exécuté la profession d’architecte pendant de longues années, elle a trouvé la paix avec des dessins constructifs. Elle dessine depuis presque vingt années. Elle forme les sujets de musiciens de jazz, tournesol, coquelicot et plantations de pavot.

Attention aux travaux de feutre de Digna Van Houte et Semra Tolunay ! Vous admirerez l’élégance qu’elles font gagner au feutre qu’elles ouvrent finement. Digna Van Houte Danoise. Elle a travaillé avec le maître du feutre en Turquie Mehmet Girgiç.  Elle a un livre où elle explique les techniques du feutre. Si vous êtes intéressé, n’oubliez pas de demander lorsque vous viendrez à l’exposition…

Les designers de bijoux du groupe d’Art de Zekeriyaköy Ender Baloğlu, Özlem Ayata et Elhan Gülçur et la Finlandaise Sirkka Lassila Çakır. Elhan Gülçur a étudié la philosophie mais depuis dix années, la magie de la pierre lui a ouvert la voie de la design de bijoux et de la bijouterie. Après avoir pris des cours, le designer travaillant avec les courtiers de Kapalıçarşı a obtenu le diplôme d’expert de diamant international de l’Académie du Diamant de l’Université du Dokuz Eylül. Elhan est à la fois expert de pierre de couleur. Le nom de sa marque est Elka.

Alors que le graphiste Ender Baloğlu attire l’attention avec ses designs de bijoux en argent sur lesquelles elle travaille depuis six années et dans de nombreuses expositions auxquelles elle participe… Je regrette de ne pas avoir photographié son bureau présent dans son atelier. C’est un bureau en bois massif, naturel, splendide.  En résumé, chers lecteurs et chères lectrices, ça vaut le détour de voir les Choses Artistiques du Groupe d’Art de Zekeriyaköy ! Montez dans votre voiture et orientez-vous en direction de Bahçeköy à Maslak. La route boisée des deux côtés vous amènera à Zekeriyaköy. Robert’s Coffee est derrière Migros à la Place du Marché. Si vous venez à l’ouverture du Vendredi 14 Décembre, il y aura même du vin chaud et de la musique directe du trio.
A-moi de vous le dire.

mosaique, Mine Sarper


1 Kasım 2012 Perşembe

Deniz Tunç, Chacun de ses designs est une œuvre d’art…

Ce texte est en ligne dans lepetitjournal.com d'Istanbul


Nous sommes au showroom Nişantaşı de Deniz Tunç, C'est mon tour de faire maintenant un reportage avec elle dont je suis l’attachée de presse depuis une douzaine d’années. Designer d’intérieur, d'objets et de mobilier, son bureau est plein de dessins et de crayons.

Elle est toujours en train de dessiner et d'expliquer ses croquis à ses maitres d’atelier. Elle est une personne productive, discrète qui travaille et étudie beaucoup. Tous son personnel partage cet avis qu’elle est très exigeante, perfectionniste et persistante dans ses créations.

Vos lampes ont beaucoup de succès parmi vos créations. Comment l'expliquez-vous?
Toutes mes lampes ont une âme, une histoire. Elles ne sont pas industrielles. Mes créations sont perçues comme des objets d’art, grâce au travail manuel fait sur eux, leur texture et structure sculptural qui leur donne un côté “vécu”… Je crois que c’est pour cela qu’on les aime. Moi en tout cas je les aime à cause de ça...

Moi de même! Quels sont les objets que vous avez le plus vendu?
Le lampadaire Çintemani et le lustre Saltanat sont les préférés et plus vendus parmi mes designs; Je peux ajouter les appliques Hilal et Sadabat aussi… 


Certaines de vos créations sont imitées …
Malheureusement… Mais vous savez les copies subliment les originaux…

Pourriez vous nous parler un peu de la période qui a suivi vos études? Comment avez-vous démarré dans le métier de créatrice d'objets et de mobilier?
J’ai étudié les Arts de la Scène à Mimar Sinan Université des beaux arts. J’ai commencé ma vie professionnelle comme créatrice de costumes et des décors pour le cinéma et des pubs.

j’étais curieuse du monde de la mode. J’ai ensuite suivi un programme de Master qui portait sur le design industriel.

J’ai préparé quelques collections pour des marques de mode. Mais, surtout, ce que je voulais c’était créer des atmosphères où les gens aimeraient vivre. En partant de la notion académique de l’importance d’éclairage sur la scène j’ai commencé à faire des décors pour le monde du show business. Petit à petit j'ai commencé à créer des designs d’intérieur pour les maisons, les bureaux, les hôtels et restaurants. J’ai imaginé et réalisé plusieurs environnements… 

En 2000 j’ai décidé d’ouvrir un showroom à Nişantaşı sur la rue Güzelbahçe où je pourrais exposer toutes mes créations de lampes, meubles et accessoires. Mon premier showroom m’a permi d'être visible de tous et m'a apporté une bonne réputation. À notre 10ème anniversaire nous est passés sur la rue Abdi İpekçi où on est présents aujourd’hui avec mon équipe. 

Votre showroom est grand, plus de 200 m2. Comment vous réussissez à créer cette atmosphère? Je crois que la réponse est dans la description que vous faites de votre métier, “Conseiller d’Ambiance”…
Oui. Je me présente comme conseillère d’ambiance. C’est une réussite technique de pouvoir créer un espace qu’on nous commande… Une espace vivable, chaud ou froid… des objets qui se réunissent dans un espace avec une spontanéité, une harmonie et caractère, c’est la réussite du conseiller d’ambiance.

Suivez-vous la mode? Comment vous influencez-vous des tendances?
On est contre le temps… Au-delà du temps… Je fais des efforts pour ne pas me laisser influencer par la mode. Je suis les tendances seulement pour pouvoir inclure mes designs dans le quotidien.

Etes-vous contre la globalisation?
Je ne suis pas contre la globalisation. Je suis contre la monotonie qu’elle crée. Je veux offrir au monde du design des nouvelles alternatives influencées par ma culture orientale.

Chacune de vos collections a une histoire. Comment naissent-elles? Voudriez vous nous raconter leur aventure de création?
Mes premières études et recherches m’avaient offert une riche source d'information concernant les dessins sur les textiles, les pierres sculptées, les couvertures de coran en cuir, les minarets…

Ma première collection «Neo-Ottoman» a connu un grand succès. Son nom est devenu le nom de mon style.
Ma deuxième collection s’appelait “Les Réflexions du règne”. Les formes connues du passé se reflétaient à la géométrie et à l’asymétrie de mes créations.

Sur les tables, les canapés, les paravents, les lampes, les lampadaires, les lustres et les armoires on apercevait la splendeur et la richesse du palais, l’élégance, et le grand soin de la main d'œuvre. Chaque pièce de la collection apposait sa signature dans l'espace.

On dirait que le nom de vos lampes réfèrent à la mémoire du palais… Que signifie ces noms?
"Harem" c'est le nom de l'espace privé réservé aux femmes dans le palais Ottoman,
“Mühür” signifie selle,
“Saltanat” veut dire le règne,
“Sadabad” est le nom de la côte de la rivière où se promenaient des princesses,
“Şehzade” est le prince Ottoman,
“Şems” le soleil,
“Çintemani” est le nom d’un dessin de faïence composé de trois points,
“Hürrem” est un des noms des mères de princes,
“Hilal” est le croissant de lune.

Quels sont des matériaux que vous utilisez pour la fabrication?
Mes matériaux préférés sont le bronze, le bois et le cuir. Mais j’adore le métal. J’aime chauffer son arrogance.

Lustre "İstanbul" 
Vous êtes renommée pour vos designs de lampes, lustres et lampadaires. Dans quels espaces connus sont-ils placés?
Je peux citer: Istanbul Pera Tulip Hotel, Istanbul HSBC Bank Executive Departments, Istanbul Lütfi Kırdar Centre International des Congrés, Istanbul Park Hyatt Hotel, Istanbul Çırağan Hotel,

Istanbul Sheraton Hotel, Istanbul Four Seasons Hotel, Istanbul Ritz Carlton Hotel, Istanbul Swiss Hotel The Bosphorus, Zabeel Saray Hotel à Dubai, Ambassade Turquie Dubai, Kazan Restaurant à Londres, Moscou Rixos Royal Spa Hotel, Izmir Robinson Select Maris Hotel, Izmir Grand Efes Hotel, Izmir Swiss Hotel, Izmir Paloma Pascha Hotel, Izmir Ilıca Hotel etc…

Vous avez appelé l'un de vos lustre “Istanbul”. Pourquoi?
Les boules de verre représentent la mer et les croissants symbolisent les dômes des mosquées.

Quel est votre quartier préféré à Istanbul?
Galata est l'un des vieux quartiers que j’aime le plus et qui a conservé ses mosquées, synagogues et églises…

Les vieux bâtiments, la tour, les hammams, fontaines... Peut être que la raison de ma sympathie pour Galata est le sens de son nom qui signifie “le chemin qui va vers la mer” La mer qui est mon nom en Turc.

Qu’est-ce que vous aimez à Istanbul? Et vous n’aimez pas?
Istanbul est le symbole de la diversité. J’aime la complexité qui rend la ville plus riche et mystérieuse. J’aime ses gris. J’aime les couleurs du Bosphore qui passent en son milieu. Mais je n’aime pas le chaos qui détruit son esthétique, son mystère et sa riche texture historique…